02/09/2007

LE PROGNOMETRE DE WRONSKI

LE PROGNOMETRE, PRECURSEUR DE L'ARCHEOMETRE



54f8706a4318b1c318d2b5e7d1a53f93.jpg Le "Prognomètre", - " ou machine à deviner " - fut inventé par Hoené dit Wronski (1778 - 1853), citoyen français né polonais, ancien lieutenant-colonel du Tsar. Wronski fut l'un des proches de l'astronome Lalande. Ecrivain remarquable, philosophe, mathématicien, il laissa cette machine mystérieuse, qui devint la propriété d'Eliphas Lévi, puis du comte de Mniszech, mari de la belle-fille d'Honoré de Balzac et cousin par alliance de Marie-Victoire de Riznitch, épouse de Saint-Yves d'Alveydre.

"Wronski s'essayait, rapporte Eliphas Lévi, à des inventions, faisait construire des machines mathématiques, des roues à mouvement perpétuel admirablement combinées, car c'était un mathématicien transcendant ; seulement les diables de machines ne fonctionnaient jamais; parce que le cuivre et l'acier, n'entendant rien à l'algèbre, ne se rendaient pas à l'évidence de ses démonstrations.

Une de ses recherches les plus fiévreuses et les plus dissimulées consistait à trouver une machine à deviner, ou un prognoscope calculant les probabilités et posant les équations des faits passés, présents et à venir, pour en venir à déterminer la valeur de tous les X imaginables.

nfin, un jour, il s'écria, comme Archiméde, Eureka ! et il fit venir des ouvriers auxquels il recommanda le plus grand secret ; il ne donna le plan de sa machineà personne, mais il la fit exécuter pièce par pièce, se réservant le soir de l'ajuster (il était lui-même un peu mécanicien). C'était énormément compliqué, mais harmonieux dans son ensemble comme l'univers.

La machine à prédire fut confectionnée à grands frais. Ce sont deux globes de métal, enclavés l'un dans l'autre, et roulant sur deux axes cruciformes dans un grand cercle immobile, plein de petites cases qui s'ouvrent et se ferment, et contiennent les principes de toutes les sciences ; la synthèse des mêmes sciences, classées suivant leurs analogies, est gravée sur le double globe qui gravite autour des deux axes. La machine entière ressemble à un grand globe céleste, recouvert de bismuth poli, et monté sur une armature de cuivre doré. Il y a un polarisateur garni de flèches et de compas ciselés. D'un côté est un globe surmonté d'un triangle, et de l'autre, l'étoile flamboyante des mages. C'est un merveilleux instrument et qui a dû coûter des sommes folles. Sur le globe intérieur, qui est mi-parti clair et obscur, sont écrites (de la main même de Wronski, les équations des sciences comparées, et sur le grand cercle immobile les principes fondamentaux des mêmes sciences saut écrits de la même main.
Wronski n'avait confié le secret de son prognométre (ou prognoscope) qu'au marquis Sarrazin de Montferrier, son beau-frère, qui était le dernier grand prêtre des prétendus Templiers. J'avais entendu parler à mots couverts de cette merveille du monde, dont Wronski était jaloux comme Ménélas de la belle Hélène. Mais je doutais un peu de son existence. Je sus d'ailleurs que Wronski avant de mourir avait démonté toutes ses machines, et avait fait vendre le cuivre aux auvergnats."

Ayant récupéré la mystérieuse machine chez un bocanteur versaillais dénommé Valette, Eliphas Lévi la décrit d'une plume admirative :

"C'était un grand globe resplendissant couvert d'écriture mystérieuse ; je lis sur une des colures :
TOUTES LES SCIENCES SONT LES DEGRES D'UN CERCLE QUI ROULE SUR LE MEME AXE.

Sur un autre :
L'AVENIR EST DANS LE PASSE, MAIS IL N'EST PAS CONTENU TOUT ENTIER DANS LE PRESENT.

LES CONNAISSANCES ASSOCIEES SONT LES RAYONS DU PROGNOMETRE.


Je touche un ressort, le globe de bismuth s'ouvre et me laisse voir un autre globe intérieur, couvert d'équations mathématiques que je reconnais pour être de l'écriture de Wronski.., J'avais sous la main le chef-d'oeuvre de ce pauvre grand savant qui, en mourant, m'avait désigné pour être l'héritier de son idée religieuse : le messianisme, mais qui n'eut jamais consenti de son vivant à me laisser voir et toucher son fameux prognomètre.
La machine est véritablement admirable... En voici à peu près la forme.0717f97d21df85a8a48ec54404ea1bd1.jpg

Sa figure est celle de la lettre Schin . La double branche qui part du pied de la machine, se termine par deux boules de cuivre surmontées de deux pyramides triangulaires ; l'une est le savoir divin, l'autre le savoir humain, partant de la même base et fonctionnant ensemble mais toujours opposés l'un à l'autre afin que l'harmonie résulte de l'analogie des contraires.
L'homme peut faire le tour de la sphère des sciences ; jamais il ne rencontrera Dieu qui semble fuir devant ses recherches et qui lui est toujours caché par le globe c'est-à-dire par l'épaisseur des choses. Cependant Dieu le polarise et lui fait équilibre même dans ses plus grandes erreurs. Le globe qui symbolise la divinité se démonte et on y lit :

TOUT CE QUI DOIT ETRE A ETE, EST ET SERA

Autour du globe sont fixées quatre lettres découpées et mobiles A. B. X. Z, équivalent de Hé, Vav,Hé, Iod en signes algébriques, et qui ont la valeur de Tav, Schin, Beth, Aleph. De ce globe sortent deux branches articulées et munies de petits compas donnant la proportion de ce qui est en haut avec ce qui est en bas et du globe qui tourne avec son Zodiaque immobile.
Le globe du savoir humain porte une pyramide sur la pointe de laquelle le signe de Salomon se présente de tous côtés et la flèche tournée vers le globe est terminée par le pentagramme, signe de l'initiative et de l'autonomie humaine.
Le globe, qui se compose de deux sphères l'une dans l'autre, a un double mouvement de rotation, l'un autour de son axe vertical, l'autre autour de son axe horizontal. Pour déterminer l'axe dont on veut se servir il suffit de déplacer une vis.
Cette machine philosophique est toute une encyclopédie et Je globe intérieur est chargé de longues équitions que les plus forts mathématiciens de l'Académie des Sciences auraient sans doute de la peineà déchiffrer.
Surla roue, qui dans les sphères célestes ordinaires porte les signes du Zodiaque, sont établies des portes qui s'ouvrent et se referment à volonté. Sur les portes sont écrits le nom des Sciences ; sous les portes sont écrits à la main les axiomes fondamentaux de chacune d'elles. Il y a trente-deux portes et sur chaque porte le nom de trois sciences. Les axiomes sont d'une grande précision et tracés d'une manière très nette mais d'une écriture si fine qu'avec une loupe je lis encore assez difficilement. "

Commentaires

la description de cette machine "le PROGNOMETRE" ainsi que les texte qui y sont inscrits montrent une approche de connaissance dont on retrouve un même Esprit dans les cahiers de Léonard de Vinci, avec les mêmes sous entendus.
En liant symbolique et réalité cette machine est un aide mémoire ou à décrypter pour tous ceux qui par eux même cherchent simplement à comprendre la Vie, sans acquis sans précondition.

Toutefois dans cette partie de texte "Le globe, qui se compose de deux sphères l'une dans l'autre, a un double mouvement de rotation, l'un autour de son axe vertical, l'autre autour de son axe horizontal. Pour déterminer l'axe dont on veut se servir il suffit de déplacer une vis."
j'observe : qu'en dissociant en deux globes et en séparant en deux mouvements , dans sa recherche de l'absolu, WRONSKI en est détourné !
En effet , et nul ne pourrait démentir ceci : l'absolu est "Un" générateur du divisible et de l'indivisible.

Écrit par : Beecham | 14/05/2011

Répondre à ce commentaire

Merci, cher Beecham pour votre intervention. Honoré de Balzac dans "La Recherche de l'Absolu" - où il conte l'histoire romancée d'un disciple de Wronski - dira toute la vanité de cette quête.

Mais en même temps, peut-on empêcher l'esprit humain de tenter d'approcher de la Connaissance dans son acception non plus relative, mais absolue ?...

Blâmer Wronski de s'être détourné de cette quête par la réalisation matérielle du Prognomètre serait vouer toute recherche métaphysique à l'échec !

Bien à vous,
S.

Écrit par : Salilus | 06/10/2011

Répondre à ce commentaire

Écrire un commentaire