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10/12/2008

COMMENT SINGER GUENON...

L'initiation suppositoire

 

Le suppositoire contient l'idée d'un trajet force qui du dehors (le  monde de l'apparence) le conduit vers le dedans (le monde de  l'intériorité) Le suppositoire se présente comme le symbole même de  ce processus d'intériorisation propre 0toute véritable initiation  ( voyez l'inversion typique de la mystique soufi, du  mythe  platonicien de la caverne).

 

Toutefois puisque  la vérité est dans la  contradiction, le suppositoire se présente également comme le  médiateur entre le monde des astres (ciel-Koilos-creux-hemisphere  supérieur de la voûte céleste) et le monde des profondeurs, la  Caverne Cachée  reux-koilos- ou l'auteur joue sur la paronomase  révélatrice apparentant "c(ie)l" a "c(u)l").

 

Le suppositoire a aussi la forme d une fusée, et puisque la  civilisation terrestre est née, on le sait, des Maîtres du Monde  venus d'autres planètes ayant atterri au sommet du Machupicchu, eh  bien le rite de l'introduction du suppositoire rappelle de façon  quasi liturgique la descente sur terre du Roi du Monde et devient le  symbole du Savoir Perdu (perdu au sein des cavernes souterraines de l'Aggartha) que l'initié doit chercher(sans jamais le trouver car il est désormais dissous dans la Hyle ou Matière Introuvable).

 

Symbole d'une lumière perdue au fin fond des ténèbres, d'un salut salvateur mais  irrécupérable , d'une force agissant à l'intérieur mais ne pouvant  jamais plus etre ramenée à la Lux originelle , le suppositoire devient donc l'emblème de l'incertitude et de la recherche.

 

Mais pourquoi vu les liens entre les sciences  égyptiennes et les connaissances hermétiques des Druides celtes, y a t il des suppositoires en forme d'obélisques et pas en forme de dolmens ?

 

D'après Umberto Eco

 

 

 

 

14/11/2006

QU'EST-CE QUE L'ESOTERISME ?

Je tente de retracer les axes d’interrogation :

1°/ Qu’est-ce que l’ésotérisme ?

2°/ Pourquoi l’ésotérisme a-t-il besoin de secret ?

3°/ Pourquoi le symbolisme est-il le langage par excellence de l’ésotérisme ?

1°/ Qu’est-ce que l’ésotérisme ?

Il suffit, en toute première analyse, de se reporter au dictionnaire. L’ésotérisme se définit souvent par rapport à l’exotérisme. L’étymologie grecque donne une piste : esô est un adverbe ou une préposition qui signifie « inclus », « au-dedans », « à l’intérieur », « interne ». L’adjectif apparaît, en grec, avec cette signification, en 166. Ainsi, l’enseignement destiné au grand public est exotérique par opposition à celui qui est dirigé vers un cercle restreint « d’initiés ». C’est d’ailleurs toute l’ambiguïté apparente de notre forum, ouvert au grand public, mais traitant de la chose ésotérique, donc, par définition, réservée à un petit nombre.

Répondant à la définition ci-dessus, tout enseignement, toute doctrine (technique, scientifique, philosophique, religieuse) réservée à un petit nombre pourrait apparaître comme étant ésotérique. Ainsi, par exemple, l’astrophysique, la thermodynamique, la physique nucléaire, malgré des efforts certains de vulgarisation, ne restent-elles pas « ésotériques » pour le grand public ? Certainement dans un sens profane, tel que l’entendait Lucien de Samosate à propos, notamment, d’Aristote. A noter qu’à l’époque du publiciste Grasset d’Orcet, « ésotérique » avait la signification d ’ « abstrus », « d’abscons » (cf Larousse de 1888).

Clément d’Alexandrie utilise, semble-t-il pour la première fois, le terme d’« ésotérisme » dans le sens sacré : l’ésotérisme peut ainsi se comprendre par rapport à la forme de ce qui est exprimé (ce qui est obscur, caché), comme par rapport au fond (connaissances méta-physiques (au delà de la physique). Les deux acceptions se confondent finalement en un ensemble de pratiques (forme) et de connaissances (fond).

Mais il est très difficile, me semble-t-il, pour un « ésotériste » de répondre à cette question. La réponse, pourrait être donnée par un signe et un sourire, peut-être ? Mais en fait, la réponse à cette question ne peut être que retournée au questionnant. En fait, et c’est toute l’ambiguïté d’un forum Internet traitant de ce sujet, l’ésotérisme refuse de se laisser vulgariser. Il est peut-être possible d’en approcher l’idée centrale, peu à peu, à petits pas, mais certainement pas de l’atteindre. Le rationaliste nie l’ésotérisme, alors que l’ésotériste ne méprise pas la raison : il lui cherche un fondement et lui trouve l’esprit, comme prolongement.

Nous pouvons peut-être nous entendre finalement sur une signification de base même imparfaite, mais pouvant nous réunir : comme disait un certain Général, « de quoi s’agit-il ? »...

L’ésotérisme serait ainsi « une doctrine, un enseignement, une théorie et une pratique d’ordre métaphysique et à intention initiatique, réservés à un petit nombre et issus d’une Tradition universelle s’exprimant en fonction du lieu et du temps par des traditions particulières. » A mon sens, le terme d’«occultisme » recouvrirait plutôt la pratique ésotérique, supposant, par l’occultiste, à la fois la connaissance et la pratique des sciences et des arts occultes. D’ailleurs, et contrairement à Guénon, je pense que l’on peut à la fois être ésotériste et occultiste, mais, là encore, il faut replacer Guénon dans son contexte historique.

2°/ Pourquoi l’ésotérisme a-t-il besoin de secret ?

Nous l’avons vu : l’ésotérisme est réservé à un petit nombre. De ce fait, et par définition, il apparaît comme étant inséparable de l’occultation de la communication, autrement dit, du secret.

En effet, le Secret m’apparaît être le strict équivalent de la Connaissance ésotérique. Ainsi, et contrairement à ce que colportent certains, la Franc-Maçonnerie n’est pas une société discrète, mais elle est bien une société secrète, c’est-à-dire une société qui a un Secret et qui le transmet. Et là, je rejoins Guénon : ceux qui pensent, disent et écrivent que la Franc-Maçonnerie est une société discrète se révèlent volontairement ou involontairement agents de la contre-initiation.

Car le secret, nécessaire à tout ésotérisme, est ambigü : il doit être caché, mais il doit quand même être apparent pour être remarqué. C’est un peu comme les contrepèteries qui ne se comprennent qu’entre « initiés », mais qui doivent être suffisamment apparentes pour être décodées. Et si elles sont dites en clair, elles perdent toute leur saveur ! Ainsi, sur ce forum, tels les disciples de Christian Rozencreutz, nous parviendrons à l’union par la rose, et, ce faisant, nous partirons à la recherche des sources du bonheur !

Chose curieuse : le secret est donné dans le secret, autrement dit, le secret est qu’il n’y a pas de secret ! C’est en ayant l’air de cacher que l’ésotériste révèle : « la vérité se cache dans les ténèbres, et les philosophes n’écrivent jamais plus trompeusement que lorsque que c’est ouvertement, ni plus vraiment que quand c’est obscurément » [Canseliet (E.), L’alchimie expliquée sur ses textes classiques].

3°/ Pourquoi le symbolisme est-il le langage par excellence de l’ésotérisme ?

Nous venons de le voir : l’ésotérisme ne peut se comprendre que s’il est accompagné du secret. Or, le secret est ambigü : caché, il doit pouvoir être remarqué pour pouvoir être décodé et c’est de ce décodage que naîtra le Sens de la Queste (d’où la recherche de la Parole Perdue).

L’intérêt du symbole réside, me semble-t-il, en ce qu’il est à la fois et question, et réponse (gr. sym-ballein : « jeter ensemble). Le symbolon était un moyen de reconnaissance, un objet coupé en deux permettant, par rapprochement, de reconnaître les porteurs et de valider leurs messages.

Le symbolisme est, par excellence, le langage du sacré (sacré = ce qui est séparé). Il est l’expression même de l’analogie (« ce qui est en haut est comme ce qui est en bas » etc...).

Bref, et comme le dit Jacques d’Arès : « le Symbolisme [se révèle comme] le langage muet de la Tradition et [comme] le reflet de l’Ordre cosmique fondamental » (Atlantis n°202, mai-août 1960).

Mais n’oublions jamais que le symbolisme est un moyen, et non une fin : il révèle et cache en même temps (en fait, il re-voile) à ceux qui n’ont pas encore qualité pour le comprendre. Mais ce langage unique est certainement le seul par lequel l’intensité et la richesse de ce qui est exprimé croit avec l’évolution de son interprète. Il apparaît ainsi comme le langage par excellence de l’ésotérisme...

11/11/2006

QU'EST-CE QUE L'INITIATION ?

Avec René Guénon, je distinguerai en premier lieu initiation virtuelle (avec un i minuscule) et Initiation réelle (avec un I majuscule).

L’initiation « virtuelle » est celle que l’on reçoit ou que l’on transmet à l’occasion des cérémonies que nous avons vécues, l’Initiation « réelle » étant la réalisation de l’initiation (ou des initiations) reçues par l’ascèse qu’elles sont sensées déclencher chez l’impétrant (en quelque sorte, le « bout du Chemin »). C’est évidemment dans ce dernier sens qu’il fait comprendre « on n’est pas initié, on s’Initie soi-même », présente dans un rituel du REAA.

Je ne vais donc pas aborder plus avant la question de l’Initiation (réelle), mais celle de l’initiation (virtuelle), celle que l’on reçoit et que l’on transmet au cours de cérémonies.

Je distinguerai ensuite, dans une cérémonie d’initiation, la partie « théatrale » de la partie liée à la transmission proprement dite, autrement dit la partie psychologique de la partie spirituelle. C’est en effet cette distinction qui semble faire la différence entre une initiation « cérémonielle », d’une initiation par simple communication, comme cela se fait à certains degrés. En précisant que la transmission se fait dans les deux cas. La différence, en effet, me paraît être dans le fait que l’initiation par communication ne comporte pas de partie théatrale, mais qu’elle comporte bien la partie essentielle, autrement dit la phase consécratoire « Je vous crée, constitue et reçois… ».

A la suite des théologiens catholiques qui ont étudié cette question quant à la notion de validité d’une ordination sacerdotale (presbytérale ou épiscopale), il me semble qu’il faille distinguer deux éléments essentiels dans la phase consécratoire : la « matière » et la « forme ». La « matière » est la consécration par l’Epée, le Maillet ou l’imposition des mains (en fonction du Degré reçu), la « forme » étant les paroles prononcées et qu’il conviendra d’analyser, d’ailleurs. Sans aborder, pour le moment, les questions liées aux capacités (on ne peut transmettre que ce que l’on a reçu, et l’on ne peut recevoir que dans certaines conditions de purification et de préparation) et aux volontés de l’initiateur (de transmettre) et de l’initié (de recevoir), seuls suffisent pour transmettre la « matière » et la « forme ».

La partie « théatrale » de la cérémonie n’est donc pas essentielle à la transmission spirituelle. Elle semble par contre très importante dans l’impact psychologique qu’elle génère chez l’impétrant afin de « mettre en branle » (ou de raviver) le processus de réalisation de l’initiation qu’il reçoit.

 Donc, en conclusion (partielle)  :

1°/ La partie « théatrale » d’une cérémonie d’initiation n’a qu’un intérêt psychologique. Elle met « mieux » en condition l’impétrant (mais aussi les différents participants dont l’initiateur)

2°/ Une initiation « cérémonielle » (« théatrale ») n’est absolument pas nécessaire pour que la transmission spirituelle se fasse.

3°/ Sont simplement nécessaires et suffisants :

- la capacité et la volonté de l’initiateur ; (on ne peut transmettre que ce que l’on a reçu et on ne peut pas transmettre malgré soi et sous la contrainte !)

- l’aptitude et la volonté de l’initié ; (on ne peut pas recevoir une initiation malgrè soi et sous la contrainte, et si l’on a pas reçu les initiations précédentes)

- La « matière » (geste consécratoire) et la « forme » (paroles consécratoires) de l’initiation

Ce qui explique, en passant, que les initiations « par communication » sont parfaitement valides sous les conditions exposées au 3°/