11.12.2008
LE TROU AUX RATS
Extrait de "Notre-Dame-de-Paris" (Victor Hugo)
À côté de ce bréviaire est une étroite lucarne ogive, fermée de deux barreaux de fer en croix, donnant sur la place, seule ouverture qui laisse arriver un peu d'air et de jour à une petite cellule sans porte pratiquée au rez-de-chaussée dans l'épaisseur du mur de la vieille maison, et pleine d'une paix d'autant plus profonde, d'un silence d'autant plus morne qu'une place publique, la plus populeuse et la plus bruyante de Paris, fourmille et glapit à l'entour.
Cette cellule était célèbre dans Paris depuis près de trois siècles que madame Rolande de la Tour-Roland, en deuil de son père mort à la croisade, l'avait fait creuser dans la muraille de sa propre maison pour s'y enfermer à jamais, ne gardant de son palais que ce logis dont la porte était murée et la lucarne ouverte, hiver comme été, donnant tout le reste aux pauvres et à Dieu. La désolée demoiselle avait en effet attendu vingt ans la mort dans cette tombe anticipée, priant nuit et jour pour l'âme de son père, dormant dans la cendre, sans même avoir une pierre pour oreiller, vêtue d'un sac noir, et ne vivant que de ce que la pitié des passants déposait de pain et d'eau sur le rebord de sa lucarne, recevant ainsi la charité après l'avoir faite. À sa mort, au moment de passer dans l'autre sépulcre, elle avait légué à perpétuité celui-ci aux femmes affligées, mères, veuves ou filles, qui auraient beaucoup à prier pour autrui ou pour elles, et qui voudraient s'enterrer vives dans une grande douleur ou dans une grande pénitence. Les pauvres de son temps lui avaient fait de belles funérailles de larmes et de bénédictions ; mais, à leur grand regret, la pieuse fille n'avait pu être canonisée sainte, faute de protections. Ceux d'entre eux qui étaient un peu impies avaient espéré que la chose se ferait en paradis plus aisément qu'à Rome, et avaient tout bonnement prié Dieu pour la défunte, à défaut du pape. La plupart s'étaient contentés de tenir la mémoire de Rolande pour sacrée et de faire reliques de ses haillons. La ville, de son côté, avait fondé, à l'intention de la demoiselle, un bréviaire public qu'on avait scellé près de la lucarne de la cellule, afin que les passants s'y arrêtassent de temps à autre, ne fût-ce que pour prier, que la prière fît songer à l'aumône, et que les pauvres recluses, héritières du caveau de madame Rolande, n'y mourussent pas tout à fait de faim et d'oubli.
Ce n'était pas du reste chose très rare dans les villes du moyen âge que cette espèce de tombeaux. On rencontrait souvent, dans la rue la plus fréquentée, dans le marché le plus bariolé et le plus assourdissant, tout au beau milieu, sous les pieds des chevaux, sous la roue des charrettes en quelque sorte, une cave, un puits, un cabanon muré et grillé, au fond duquel priait jour et nuit un être humain, volontairement dévoué à quelque lamentation éternelle, à quelque grande expiation. Et toutes les réflexions qu'éveillerait en nous aujourd'hui cet étrange spectacle, cette horrible cellule, sorte d'anneau intermédiaire de la maison et de la tombe, du cimetière et de la cité, ce vivant retranché de la communauté humaine et compté désormais chez les morts, cette lampe consumant sa dernière goutte d'huile dans l'ombre, ce reste de vie vacillant dans une fosse, ce souffle, cette voix, cette prière éternelle dans une boîte de pierre, cette face à jamais tournée vers l'autre monde, cet oeil déjà illuminé d'un autre soleil, cette oreille collée aux parois de la tombe, cette âme prisonnière dans ce corps, ce corps prisonnier dans ce cachot, et sous cette double enveloppe de chair et de granit le bourdonnement de cette âme en peine, rien de tout cela n'était perçu par la foule. La piété peu raisonneuse et peu subtile de ce temps-là ne voyait pas tant de facettes à un acte de religion. Elle prenait la chose en bloc, et honorait, vénérait, sanctifiait au besoin le sacrifice, mais n'en analysait pas les souffrances et s'en apitoyait médiocrement. Elle apportait de temps en temps quelque pitance au misérable pénitent, regardait par le trou s'il vivait encore, ignorait son nom, savait à peine depuis combien d'années il avait commencé à mourir, et à l'étranger qui les questionnait sur le squelette vivant qui pourrissait dans cette cave, les voisins répondaient simplement, si c'était un homme : - " C'est le reclus " ; si c'était une femme : - " C'est la recluse ".
(...)
Comme il n'y avait pas de porte à la cellule murée de la Tour-Roland, on avait gravé en grosses lettres romanes au-dessus de la fenêtre ces deux mots :
TU, ORA.
Ce qui fait que le peuple, dont le bon sens ne voit pas tant de finesse dans les choses et traduit volontiers Ludovico Magno par Porte Saint-Denis, avait donné à cette cavité noire, sombre et humide, le nom de Trou aux Rats.
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LE PAIN ET L'EAU
La symbolique du Cabinet de Réflexion m'a toujours particulièrement intéressé. Elle m'est apparue comme en rapport avec Saturne, la "force qui ramène les choses à l'essentiel nécéssaire", selon l'expression de l'astrologue Claire Santagostini.
La symbolique saturnienne me semble, en effet, transpirer de tous les symboles regroupés dans le Cabinet de Réflexion :
- la couleur noire
- le squelette (les os)
- les "sentences" au mur
- le cachot
- le sablier (attribut de Chronos-Saturne)
- la faux
- le miroir - qui induit l'introspection (les miroirs... réflechissent : cf Jean Cocteau)
- le Testament philosophique (entendre "philosophal")
- et, pour ce qui nous intéresse ici plus précisément, le pain et l'eau.
L'impétrant, au cours de l'Epreuve de la Terre, est donc invité à réfléchir sur sa condition et à rentrer en lui-même (notion de constriction, la Terre étant "sèche" et "froide", qualités qui sont celles de Saturne).
En fait, le "Cabinet de Réflexion" se révèle comme un véritable "réclusoir" rappelant les petites cellules du Moyen-Âge dans lesquelles s'enfermaient des femmes renonçant pour jamais au monde, l'emprisonnement physique permettant la plus grande liberté intérieure.
Ainsi, à l'image de ces "réclusoirs", le Cabinet de Réflexion met le Profane à même de méditer sur sa vie passée et sur le sens de sa démarche : pour ce faire, il doit ramener ses pensées à l'"essentiel nécessaire".
Ce ne sont pas seulement les symboles de la mort qui sont évoqués par le squelette, la faux et le sablier, mais bien ceux du Temps, Chronos, autrement dit Saturne. Le Profane ne meurt pas, puisque justement il y a du pain et de l'eau qui lui permettent de vivre, et je dirais même de sur-vivre. Le pain et l'eau sont le strict minimum qui lui est donné pour permettre au corps de subsister en le nourrissant par l'"essentiel nécessaire". Le corps n'étant plus alourdi (symboliquement) par une nourriture abondante, l'esprit est ainsi sublimé pour le mettre en état de méditation.
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10.12.2008
COMMENT SINGER GUENON...
L'initiation suppositoire
Le suppositoire contient l'idée d'un trajet force qui du dehors (le monde de l'apparence) le conduit vers le dedans (le monde de l'intériorité) Le suppositoire se présente comme le symbole même de ce processus d'intériorisation propre 0toute véritable initiation ( voyez l'inversion typique de la mystique soufi, du mythe platonicien de la caverne).
Toutefois puisque la vérité est dans la contradiction, le suppositoire se présente également comme le médiateur entre le monde des astres (ciel-Koilos-creux-hemisphere supérieur de la voûte céleste) et le monde des profondeurs, la Caverne Cachée reux-koilos- ou l'auteur joue sur la paronomase révélatrice apparentant "c(ie)l" a "c(u)l").
Le suppositoire a aussi la forme d une fusée, et puisque la civilisation terrestre est née, on le sait, des Maîtres du Monde venus d'autres planètes ayant atterri au sommet du Machupicchu, eh bien le rite de l'introduction du suppositoire rappelle de façon quasi liturgique la descente sur terre du Roi du Monde et devient le symbole du Savoir Perdu (perdu au sein des cavernes souterraines de l'Aggartha) que l'initié doit chercher(sans jamais le trouver car il est désormais dissous dans la Hyle ou Matière Introuvable).
Symbole d'une lumière perdue au fin fond des ténèbres, d'un salut salvateur mais irrécupérable , d'une force agissant à l'intérieur mais ne pouvant jamais plus etre ramenée à la Lux originelle , le suppositoire devient donc l'emblème de l'incertitude et de la recherche.
Mais pourquoi vu les liens entre les sciences égyptiennes et les connaissances hermétiques des Druides celtes, y a t il des suppositoires en forme d'obélisques et pas en forme de dolmens ?
D'après Umberto Eco
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09.12.2008
SAVOIR OU CONNAISSANCE ?
Quels sont les rapports entre le savoir (j’aimerais écrire les savoirs) et la Connaissance.
La Langue des Oiseaux peut nous donner une première piste : co-naissance = « naître avec ». Celui qui « naît avec » fait acte de connaissance.
Et, à partir de là, l’on peut rechercher les étymologies (« la Source des sources... »)
- Connaissance : du grec gignôskô (racine GNo)
- Naissance : du grec gignomai (racine GeN)
... d’où, en passant l’importance de la Lettre G qui montre qu’il importe de devenir Géo-Maître, c’est à dire Maître de la Terre...)
Les deux verbes sont construits de la même manière et comportent les mêmes deux consonnes G et N. Il est de ce fait intéressant de remarquer qu’en sanscrit (toujours « la Source des sources... ») l’on retrouve deux racines identiques, GNa pour connaître et GaN pour naître.
Autres points, en faisant toujours référence au grec, si gnôsis est en rapport avec la Connaissance de l’initié, mathêsis est en rapport avec la science, c’est à dire le savoir... La lecture de l’Archéomètre de Saint-Yves d’Alveydre nous le confirme, puisque MaTha indique « la raison suprême de toutes les raisons vraies, l’Incidence de toutes Réflexions, la Législation de toutes les Lois ».
D’aucun ont pu dire que « la connaissance appartient à la nature même de l’âme ». J’entends ici par « âme », l’esprit, ou la parcelle de divin qui est en nous. L’âme est plutôt, pour moi, la partie « intermédiaire » de l’Homme, selon la répartition paulinienne. Mais, bien sûr, il s’agit d’une division aidant à comprendre l’Homme, qui est un tout. D’ailleurs, Papus le disait il y a plus de cent ans, dans son « Traité Elémentaire de Science Occulte » :
« Certains auteurs appellent âme ce que j’appelle ici vie et esprit, et esprit le troisième terme que j’appelle âme. L’idée est la même partout, l’emploi des termes seul varie ».
Jacques Breyer précise d’ailleurs dans « Terre-Omega » : « L’Esprit est gouverneur ; l’Ame est une moisson fluidique, un mélange d’ivraie et de bons grains ; le Corps est un outil, inerte en soi ou figé ».
En conclusion, le savoir m’apparaît comme étant d’influence lunaire, alors que la Connaissance procède de la Voie solaire. Autrement dit, le savoir s’adresse à l’intellect, au cerveau, alors que la Connaissance se perçoit à l’aide du Coeur, au Centre de l’être.
00:16 Publié dans ESOTERISME | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : connaissance, savoir, initiation
06.07.2008
ENCRE DE CHINE
Un joli texte repris du site ESOWEB (©Lysianne 2007)
"Introduction
Bien que la Renaissance soit gorgée d’ésotérisme comme un baba l’est de rhum, les historiens s’efforcent de l’oublier ou dans le meilleur des cas, s’excusent de devoir ainsi exposer les parties honteuses de la pensée. On tolère les débordements de l’inquisition, on supporte quelques désavantages aux bon côtés de l’humanisme, mais pas de pentagramme. Non, ça, vraiment, on peut pas.
À l’opposé de ces coincés de l’entendement, Pierre Béhar dans un ouvrage dont je vais m’inspirer ici, Les langues occultes de la Renaissance, a la bonne idée d’ausculter sans fausse pudeur le sujet et même de nous effeuiller l’occultisme. Car du point de vue de l’ésotérisme, il se passe des choses capitales durant la renaissance, notamment une pirouette géniale destinée à faire avaler la magie au christianisme sans qu’il s’étrangle avec la pilule : A la fin du XVe siècle, le divin tétragramme, le iod-hé-vav-hé (יהוה), s’enrichit d’une lettre, un shin (ש) qui va donner naissance à une branche inédite, la kabbale chrétienne, fondant ainsi un « malentendu productif », selon le mot de Scholem et faisant pencher de son côté toute la tradition occultiste.
Le papa du petit Shin créatif s’appelle Pic de Mirandole (1463-1494). Erudit et génie précoce, c’est un élève du grand Marcel Ficin et comme son maître, il a la passion du syncrétisme, très à la mode en ce quinzième siècle. Entre autres études, Pic de la Mirandole s’applique à apprendre l’hébreu et à décrypter dans le texte les auteurs fondamentaux de la kabbale. Pour cela, il reçoit l’aide d’un certain Flavius Mithridate qui lui prédigère les œuvres.
L’idée n’est évidemment pas tombée toute seule du plafond. Si le moyen-âge connaît déjà la Kabbale, née au XIIe dans le Languedoc si l’on en croit Scholem, ce sont les cargaisons entières d’exilés de Byzance poussés aux fesses par les turcs et de juifs fuyant les persécutions espagnoles qui remotivent les troupes intellectuelles européennes. Rien de tel que le brassage culturel, d’autant que les byzantins et les juifs ont eu la bonne idée de débarquer avec leurs bibliothèques sous le bras : textes grecs oubliés que des érudits comme Ficin vont s’appliquer à traduire, traités arabes de mathématiques, médecine et alchimie, textes signés Hermès Trismégistes, classiques de la kabbale hébraïque, etc.
La discipline séduit Pic de la Mirandole au point qu’il pense y déceler la clef de l’univers, mais là où le bât blesse c’est qu’il reste un chrétien convaincu, sans oublier que la Kabbale sent fort le fagot, surtout lorsque l’on désire défendre ses thèses devant le pape. Il faut donc trouver un moyen d’y associer le christianisme.
Et c’est là que notre érudit a un coup de génie. Il accomplit un tour de passe-passe mystique consistant à insérer la lettre SHIN dans le divin tétragramme IOD-HÉ-VAV-HÉ, (Yavhé, mais prononcez Adonaï si vous ne voulez pas être foudroyé) de façon à le transformer en IOD-HÉ-SHIN-VAV-HÉ, autrement dit Iéshouah (Jésus). Lettre Iod Lettre Hé Lettre Vav Lettre Shin La transformation ne saute pas aux yeux en français, mais il faut savoir que l’hébreu est une langue nettement plus élastique. Ainsi, le VAV, pronnoncé ‘V’ dans le YHVH, peut également être vocalisé ‘O’ ou ‘OU’. D’autre part, l’hébreu a la voyelle joueuse. Douloureusement facultatives à l’écrit, elles se modulent à l’oral selon des lois qui égalent par leur impénétrabilité les voies du Seigneur. Hé peut donc se prononcer à peu près n’importe comment avec une préférence pour ‘A’ ou’É’
Et voilà ! Plus étonnant que le mouton à cinq pattes, le nom divin à cinq lettres. Pic de la Mirandole peut ainsi justifier ses travaux sans risquer le barbecue ou l’autodafé puisque grâce à son coup de génie, voilà les Testaments réconciliés et la kabbale hébraïque très étonnée d’apprendre qu’elle annonçait la venue de Jésus. Non seulement l’initiative a l’avantage de faire rentrer les carrés dans les ronds, ou plutôt l’étoile de David dans la croix, mais spatialisé, c’est très joli : ça se dessine sous la forme d’une étoile à cinq branches, également appelée pentagramme, qui connaîtra la fortune que l’on sait.
Un siècle plus tard, l’optique dans laquelle la kabbale est abordée évolue vers moins de spéculations et plus de pragmatisme. Si Pic de la Mirandole, puis Reuchlin qui marche dans ses traces, sont essentiellement des mystiques, ce n’est pas le cas de tout le monde. L’époque en a marre de la scolastique nominaliste, nous dit Béhar. Personne n’a plus envie plus de prier ni de gamberger, on fait ça depuis déjà dix siècles en Europe, désormais on veut « soumettre l’univers au vouloir de l’homme ». Pour ça on va s’adresser à la magie, précisément au mots de pouvoirs, carrés magiques et talismans dont on sait, grâce aux traditions kabbalistiques, qu’ils permettent de commander aux entités métaphysiques. On sait également qu’il ne pousse pas « sur terre une herbe qui n’eût au ciel un ange qui lui dît de pousser ». Avec une logique implacable et une audace qui annonce la tradition magique moderne, nos occultistes se disent qu’en contrôlant l’ange, on doit donc pouvoir commander à l’herbe. Ce à quoi Hermès répond que le haut et le bas se répondant, ma foi, assez bien, ça devrait pouvoir se faire.
De là, ces « langues occultes » qui font le titre du livre de Béhar et qui sont pour nos occultistes une façon de téléphone, connecté sur le divin à la mode hébraïque : « Les éléments de la langue divine apparaissent comme les lettres de la Sainte Écriture. Les lettres et les noms ne sont pas seulement des moyens conventionnels de communication. Ils sont bien plus que cela. Chacun d’eux représente une concentration d’énergie et exprime une plénitude de sens qu’il est absolument impossible de traduire, du moins complètement, en langage humain »(1).
Pic de la Mirandole, en accouchant du pentagramme, a donc enrichi sans le vouloir les pages jaunes de l’occulte. Vous voulez une voiture ou gagner au loto ? Faites ce numéro. Mais n’oubliez pas de l’écrire au sang sur de la peau de veau mort-né un soir de pleine lune en tournant sur pied, ajouteront ses successeurs… Oui, ça a l’air compliqué comme ça mais rappelez-vous des premiers temps d’internet, c’était pas beaucoup plus simple.
C’est un certain Cornélius Agrippa (1486-1535), de son vrai nom Henri Corneille Agrippa, de Nettesheim, qui va s’appliquer à mener à terme cette logique, avec un goût marqué pour l’exhaustivité. Son truc à lui, c’est de collectionner les signatures divines dans le but de devenir maître du monde. Pour cela, il va se changer en Buffon de l’angéologie, répertoriant les puissances par tous les moyens : astrologie, géomancie, kabbale… On mélange le tout et à l’arrivée ça donne des pages entières de signatures et des talismans aux jolies arabesques, ainsi qu’un best seller jamais détrôné chez les magistes : La Philosophie Occulte, où l’on peut notamment lire cette jolie profession de foi : « La magie est la véritable science, la philosophie la plus élevée et la plus mystérieuse en un mot la perfection et l’accomplissement de toutes les sciences naturelles. C’est une science philosophique d’une puissance intense et secrète, science du merveilleux et du mystère qui s’allie à toutes les sciences : physique, mathématique, astrologie, théologie, et qui a pour base l’étude des planètes, des éléments, des pierres. Car tous les éléments du monde contiennent l’âme de l’Univers »
Des siècles plus tard, les Papus, Crowley, Levi et autres occultistes modernes continuent à placer la kabbale et le petit Shin au centre de leurs préoccupations, à dessiner des talismans et collectionner les Anges, car entre temps, la pirouette mystique de Pic de la Mirandole a contaminé des générations entières de mages, notamment un certain John Dee dont la Monas Hieroglyphica aura quelque prétention à être la clef de l’univers… Mais ceci est une autre histoire."
©Lysianne 2007
Sources :
(1)La kabbale et sa symbolique, Gershom Scholem, Payot, 1966.
(2)Les langues occultes de la Renaissance, Pierre Béhar, Paris, Desjonquères, 1996.
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