07/02/2013
REEDITION DU "MYSTERE DES CATHEDRALES" (1926)
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03/02/2013
"RECUEIL" (René Guénon)
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Titre: Recueil
Auteur: René Guénon Date de publication: 7 janvier 2013 Editeur: Rose-cross books, Toronto, Canada ISBN: 978-0-9865872-1-4 Prix: €35.00 (frais d'envois compris) |
Mon ami Argauth, bien connu dans le petit monde des étudiants de l'ésotérisme, vient de publier en un nombre très réduit d'exemplaires Recueil, fruit de nombreuses années de recherches et d'échanges sur l'oeuvre de René Guénon.
Les aficionados de l'oeuvre guénonienne seront ravis : publié le 7 janvier 2013, date anniversaire de la mort du philosophe, ce recueil posthume contient en effet plus de 100 articles et comptes rendus connus des seuls exégètes guénoniens.
L’objectif d'Artgauth, directeur de l'ouvrage, a été de sélectionner et de réunir en un volume unique une grande partie des écrits de René Guénon seulement publiés dans des revues difficiles voire impossibles à trouver aujourd'hui. L’on y retrouve ainsi des articles pouvant aujourd’hui être considérées comme des ébauches d’ouvrages majeurs de René Guénon, comme Le Symbolisme de la Croix, ou Le Roi du Monde. Y figurent aussi des articles provenant de revues moins connues telles que Le Radeau, La Revue Hebdomadaire, La Revue Bleue, Memrah, Le Christ-Roi pour n’en citer que quelques unes.
Artgauth a également collecté nombre de comptes rendus parus dans des revues telles que La Revue Philosophique, Vient de Paraître, La Revue de Philosophie. Le lecteur pourra enfn découvrir - ou redécouvrir - das articles publiés sous différents pseudonymes, et parus dans La Gnose, La France Antimaçonnique, ainsi que dans The Speculative Mason.
Bien sûr, les spécialistes de Guénon auront certainement déjà eu accès à ces documents, sous une forme ou sous une autre - et notamment grâce à Internet - mais Artgauth a aussi voulu rendre hommage à l’auteur en réunissant ici des écrits rares, au contenu très riche et toujours d’actualité.
Préférant s'effacer devant l'oeuvre de René Guénon le directeur de l'ouvrage, n'apparaît que trop discrètement en restant dans l'ombre de Mircea A. Tamas, l'auteur guénonien bien connu outre-Atlantique : cela ne peut que souligner sa modestie, son goût du travail bien fait, sa précision et son honnêteté intellectuelle, qualités bien connues de ceux qui le fréquentent et connaissent ses travaux depuis maintenant une quinzaine d'années.
De la belle ouvrage donc et un livre à lire et à relire, plume à la main.
Recueil peut être obtenu en contactant contact@rose-crossbooks.com, ou auprès de contact@regnabit.com. Il est aussi possible de l'acheter directement en par PayPal sur http://recueil.rose-crossbooks.com
RECUEIL
Avant-propos de Mircea A. Tamas
Avertissement de l’éditeur
ORIENT ET OCCIDENT
I. Orient et Occident (Le Radeau, janv. 1925).
II. Terrains d’entente entre l’Orient et l’Occident (La Revue Hebdomadaire, janv. 1927).
III. Les Doctrines Hindoues (La Revue Bleue, mars 1924).
IV. La Constitution de l’Être humain et son Évolution posthume selon le Védânta (La Gnose, sept. à déc. 1911, signé T. Palingénius).
V. Les Influences modernistes dans l’Inde (FAM, juil. et déc. 1913).
VI. L’Ésotérisme du Graal (Les Cahiers du Sud, n° spécial Lumière du Graal, nov. 1951).
VII. Y a-t-il encore des Possibilités initiatiques dans les Formes traditionnelles occidentales ? (Memrah, 1935).
VIII. La Prière et l’Incantation (La Gnose, janv. 1911, signé T. Palingénius).
IX. « La Prière du Cœur » (Lettre à Vasile Lovinescu, Le Caire, 29 septembre 1935).
Comptes rendus
Laird, J. – Problems of the self (Revue philosophique, mai 1919).
Wildon Carr, H. – The interaction of mind and body (L’action réciproque de l’esprit et du corps) (Revue philosophique, juil. 1919).
Thomas, F. W. – Indian ideas of action and their interest for modern thinking (Les idées indiennes de l’action et leur intérêt pour la pensée moderne) (Ibid.).
Dawes Hicks, G. – The « modes » of Spinoza and the « monads » of Leibnitz (Les « modes » de Spinoza et les « monades » de Leibnitz) (Ibid.).
Wallace S.J., W. – De l’Évangélisme au Catholicisme par la route des Indes (Revue de philosophie, mars-avril 1922).
Masson-Oursel, P. – Esquisse d’une histoire de la philosophie indienne (Revue de philosophie, janv.-fév. 1923).
Piobb, P. V. – Le secret de Nostradamus et de ses célèbres prophéties du XVIIe siècle (Vient de paraître, nov. 1927).
LE CENTRE SPIRITUEL ET LE MONDE
I. Les Centres initiatiques (Bulletin des Polaires, 1931).
II. Le Roi du Monde (Cahiers du mois, fév.-mars 1925).
III. Le Christ Prêtre et Roi (Le Christ-Roi, mai-juin 1927).
IV. Le Dalaï-Lama (La Gnose, mars 1910, signé T. Palingénius).
V. Les Dualités cosmiques (ET, janv.-juin 1972).
VI. « Les Influences errantes » (ET, mars-avril 1962).
Comptes rendus
Jones, E.E.C. – Practical dualism (Le dualisme pratique)(Revue philosophique, juil. 1919). Alexander, S. – Space-time (L’espace-temps) (Ibid.).
Bosanquet, B., Pringle-Pattison, A.S., Stout, G.F., Haldane (Lord) – Do finite individuals possess a substantive or an adjectival mode of being? (Les individus finis possèdent-ils un mode d’être substantif ou adjectif ?) (Ibid.).
Stebbing, L. S. – The philosophical importance of the verb « to be » (L’importance philosophique du verbe « être ») (Ibid.).
Whitehead A.-N., Lodge O. (sir), Nicholson J.-W., Head H., Stephen A., Wildon Carr H. – Time, space and material: are they, and if so in what sense, the ultimate data of science? (Le temps, l’espace et la matière: sont-ils les données ultimes de la Science? Et, s’ils le sont, en quel sens ?) (Revue philosophique, mars-avril 1920).
Galli, E. – Nel dominio dell’« io » (Revue philos., mai-juin 1921).
Jakubisiak, A. – Essai sur les limites de l’espace et du temps (Vient de paraître, mai 1928).
TRADITION ET SYMBOLISME
I. La Religion et les religions (La Gnose, sept.-oct. 1910, signé T. Palingénius).
II. Le symbolisme de la croix (La Gnose, fév. à juin 1911, signé T. Palingénius).
Comptes rendus
Matthews, W. R. – The moral argument for theism (l’argument moral en faveur du théisme) (Revue philosophique, juil. 1919).
Taylor, A. E. – The philosophy of Proclus (La philosophie de Proclus) (Ibid.).
Russel, B. – On propositions : what they are and how they mean (Des propositions : ce qu’elles sont et ce qu’elles signifient) (Revue philosophique, mars-avril. 1920).
Goldziher, I. – Le Dogme et la Loi de l’Islam (Revue de philosophie, sept.-oct. 1921).
Perier, A. – Yahyâ ben Adî : un philosophe chrétien du Xe siècle (Revue de philosophie, nov.-déc. 1923).
Stoddard, L. – Le Nouveau Monde de l’Islam (Ibid.).
Carra de Vaux (baron) – Les Penseurs de l’Islam. I. Les souverains, l’histoire et la philosophie politique – II. Les géographes, les sciences mathématiques et naturelles (Ibid.).
Finot, L. – La Marche à la Lumière (Bodhicharyâvatâra), poème sanscrit de Çântideva (Ibid.).
Senart, E. – La Bhagavad-Gitâ (Ibid.).
Finot, L. – Les Questions de Milinda : Milinda-pañha (Ibid.).
Carra de Vaux (baron) – Les Penseurs de l’Islam. III. L’exégèse, la tradition et la jurisprudence (Revue de philosophie, janv.-fév. 1924).
Avalon, A. et Avalon, E. – Hymnes à la Déesse (Ibid.).
Groslier, G. – La Sculpture Khmère ancienne (Vient de paraître, fév. 1926).
Le poète tibétain Milarépa, ses crimes, ses épreuves, son nirvana (Les Cahiers du mois, juin 1926).
Lanoë-Villene, G. – Le Livre des Symboles, dictionnaire de symbolisme et de mythologie (Lettres A-B) (Vient de paraître, avril 1928).
Lanoë-Villene, G. – Le livre des symboles, dictionnaire de symbolisme et de mythologie (Lettre C) Vient de paraître, déc. 1929).
Sakurazawa, N. – Principe unique de la Philosophie et de la Science d’Extrême-Orient (Revue de philosophie, janv.-fév. 1936).
Davids (Mrs), R. – The Minor Anthologies of the Pali Canon. Part. I. Dhamenapada: Verses on Dhamena, and Khuddaka-Pâtha: The Text of the Minor Sayings (Ibid.).
Steinilber-Oberlin, E. – Les sectes bouddhiques japonaises (Ibid.).
Wirth O. – Le Pouvoir créateur (Études Traditionnelles, nov. 1936).
Persigout G. – L’Enfer et les religions du salut (Ibid.).
LA FRANC-MAÇONNERIE
I. Un côté peu connu de l’Œuvre de Dante (FAM, oct. 1911, non signé).
II. L’ésotérisme de Dante (FAM, mars 1914, signé Le Sphinx).
III. L’Initiation Maçonnique du F Bonaparte (FAM, janv. 1912).
IV. Le Régime Écossais Rectifié (FAM, août 1913, signé Le Sphinx).
RÉPONSES A DES QUESTIONS PARUES DANS THE SPECULATIVE MASON
LA CRISE DU MONDE MODERNE
I. Les néo-spiritualistes (La Gnose, août à nov. 1911, et fév. 1912, signé T. Palingénius).
II. Réflexions à propos du « pouvoir occulte » (FAM, juin 1914, signé Le Sphinx).
III. Les adversaires du symbolisme (FAM, août 1913, non signé).
IV. M. Bergson et la « Libre Parole » (FAM, janv. 1914, non signé).
Comptes rendus
Stephen, K. – Thought and intuition (Pensée et intuition) (Revue philosophique, juil. 1919).
Bartlett, F. C. – The development of criticism (Le développement de la critique) (Ibid.).
Moore, G. E. – The conception of reality (La conception de la réalité) (Ibid.).
Smith, J. A. – Is there a mathematics of intensity? (Y a-t-il une mathématique de l’intensité ?) (Ibid.).
D’Arcy, C. F. – The theory of a limited Deity (La théorie d’une Déité limitée) (Ibid.).
Baillie, J. B. – Anthropomorphism and Truth (Anthropomorphisme et vérité) (Ibid.).
Scott, J. W. – Realism and politics (Réalisme et politique) (Ibid.).
Schiller, F. C. – Omnipotence (La toute-puissance) (Ibid.).
Robinson, A. – Behaviour as a psychological concept (L’attitude comme concept psychologique) (Ibid.).
Hetherington, H. J. W. – The conception of a unitary social order (La conception d’un ordre social unitaire) (Ibid.).
Cock, A. A. – The ontological argument for the existence of God (L’argument ontologique pour l’existence de Dieu) (Ibid.).
Haldane, J. S., D’Arcy Thompson, W., Chalmers Mitchell, P., Hobhouse, L. T. – Are physical, biological and psychological categories irreductible? (Les catégories physiques, biologiques et psychologiques sont-elles irréductibles ?) (Ibid.).
Wrinch, D. – On the summation of pleasures (Sur la sommation des plaisirs) (Ibid.).
Lynch, A. – Association (L’association) (Ibid.).
Hastings Rashdall, Muirhead J.-H., Schiller F.-C.-S., D’Arcy C.-F. – Can individual minds be included in the mind of God – (Les esprits individuels peuvent-ils être inclus dans l’esprit de Dieu ?) (Revue philosophique, mars-avril 1920).
Dawes Hicks G., Moore G.-E., Edgell B., Broad C.-D. – Is there « Knowledge by acquaintance » ? (Ibid.).
Galli, E. – Nel Regno del conoscere e del ragionare (Revue philosophique, juil. 1920).
Penido, T. L. – La méthode intuitive de M. Bergson. Essai critique (Revue philosophique, sept. 1920).
Osty, E. – Le sens de la vie humaine (Revue philos.,mai-juin 1921).
Devillas, J. – Essais systématiques (Revue philos., nov. 1921).
La Harpe, J., de – La religion comme « conservation de la valeur » dans ses rapports avec la philosophie générale de Harald Höffding (Ibid.).
Masson-Oursel, P. – La philosophie comparée Revue de philosophie, janv.-fév. 1924).
Tavernier, E. – Cinquante ans de politique : l’Œuvre d’irréligion (Revue de philosophie, mai-juin 1925).
Lagneau, J. – De l’existence de Dieu (Vient de paraître, fév. 1926).
Gentile, G. – L’Esprit, acte pur (Ibid.).
Choisnard, P. – Saint Thomas d’Aquin et l’influence des astres (Vient de paraître, avril 1926).
Dwelshauvers, G. – Les Mécanismes subconscients (Vient de paraître, oct. 1926).
Leadbeater, C.-W. – La Science des Sacrements (Vient de paraître, mars 1927).
Udny, F. E. – Le Christianisme primitif dans l’Évangile des douze Saints (Ibid.).
Schwaller De Lubicz, E. – L’Appel du Feu (Vient de paraître, juil.-août 1927).
Baruzi, J. – Philosophes et savants français du XXe siècle, extraits et notices : le problème moral (Ibid.).
Phusis – Près du Secret de la Vie, Essai de Morphologie universelle (Vient de paraître, nov. 1927).
Boutroux, E. – Des Vérités éternelles chez Descartes (Ibid.).
Maréchal, R. P. J. – Le Thomisme devant la Philosophie critique (Ibid.).
Frazer, J. G. – Les Dieux du Ciel (Vient de paraître, déc. 1927).
Choisnard, P. – Les Preuves de l’influence astrale sur l’homme (Ibid.).
Dujardin, E. – Le Dieu Jésus, essai sur les origines et sur la formation de la légende évangélique (Vient de paraître, mars 1928).
Montandon, R. – Les Radiations humaines. Introduction à la démonstration expérimentale de l’existence des corps subtils de l’homme (Ibid.).
Lavelle, L. – La Dialectique de l’éternel présent : De l’Être (Vient de paraître, mai 1928). Russel, B. – Analyse de l’Esprit (Vient de paraître, sept.-oct. 1928).
Appuhn, Ch. – Spinoza (Ibid.).
Dugard, M. – Sur les frontières de la Foi (Vient de paraître, nov. 1928).
Le Roy, E. – L’Exigence idéaliste et le Fait de l’Évolution (Ibid.).
Besant, A – La Nouvelle Civilisation (Vient de paraître, mars 1929).
Krishnamurti, J. – La Vie comme idéal (Ibid.).
Powell, A. E. – Le Corps astral (Ibid.).
Le Roy, E. – Les Origines humaines et l’évolution de l’intelligence (Vient de paraître, déc. 1929).
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16/06/2010
LA F.M., UN LABORATOIRE D'IDEES ?
Comment est-il possible de parler des « grands problèmes de notre temps » sans tomber, presque nécessairement, sur des sujets « bateaux » ? Il y aurait évidemment des encyclopédies à écrire sur chacun des sujets abordés et certains ne s'en privent pas.
De plus, faut-il les traiter à l’échelle locale, nationale, mondiale ? Energie, eau, famines, biodiversité, érosion, climat, démographie, guerres et terrorisme, intégrismes religieux, pays riches et pays en voie de développement, information / surinformation / désinformation, juste répartition du travail, des biens et des richesses, retraites et temps de travail...
Il faudrait y ajouter - sans d'ailleurs avoir la fatuité d'être exhaustif - les questions de développement économique et social, de financement des économies, les problèmes éducatifs, de santé, de participation civique et politique, d'incivilité... Tout cela fait ressortir l'importance du "capital social" autrement dit de la nature et de la solidité des liens sociaux.
Alors, vision macroscopique ou microscopique ? Je serais presque tenté par deux néologismes : vision macrocosmique ou microcosmique... Il n'y a certainement pas d’issue aux grands défis de l’humanité sans changement de paradigme et totale remise en question tant au niveau individuel que pluriel (mode de vie, économie, progrès…).
Alors ? Où les Francs-Maçons d'aujourd'hui peuvent-ils trouver leur place et quelle réponse(s) la Maçonnerie, dans son ensemble, peut-elle tenter (ne soyons pas présomptueux...) d'apporter à la société de 2010 ?
Les Francs-Maçons n'appartiennent pas à n'importe quelle association, club de pensée ou société caritative... Un Maçon non opératif est Libre et Accepté : le moteur de sa réflexion et de son action est la recherche du progrès, l'amélioration matérielle et morale, le perfectionnement intellectuel et social de l'humanité.
En tant qu'individu, le Franc-Maçon est au centre même de ce dispositif. Un Maître Maçon en est LE Centre. En fonction de ses capacités, de ses appétences chaque membre de la Franc-Maçonnerie a la possibilité et peut-être même le Devoir de s'engager dans la cité sur le plan social ou politique, dans les sens les plus larges de ces termes.
Aussi, et quels que soient les niveaux des grands problèmes de notre Monde et de notre époque, il semblerait que le rôle essentiel - et actuel - de la Maçonnerie se situe sur le plan de l'éthique.
La distinction entre la "morale" et l'"éthique" est subtile. Un même mot en français pour deux étymologies, l'une latine mores, l'autre grecque, ethos : les moeurs... Mores apparaît comme étant du domaine plutôt théorique alors qu'ethos serait plutôt la "morale appliquée", en d'autres termes des règles de conduite "dans le Monde", "justes" et en même temps non définitives.
La "morale", pourtant fonction du lieu et du temps, est, en quelque sorte, certitude. Comme la foi mal comprise...
A contrario, en éthique, le maître mot est : "questionnement", la mise en question qui n'empêche pas l'action et qui, au contraire même, la nourrit. Et c'est cette mise en question - qui prend naissance dans l'intimité de la Loge - qui amène à l'acte juste dans le Monde et qui fait le Franc-Maçon Citoyen de celui-ci et bâtisseur "Libre et de bonnes Moeurs" de la société de demain.
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11/12/2008
LE TROU AUX RATS
Extrait de "Notre-Dame-de-Paris" (Victor Hugo)
À côté de ce bréviaire est une étroite lucarne ogive, fermée de deux barreaux de fer en croix, donnant sur la place, seule ouverture qui laisse arriver un peu d'air et de jour à une petite cellule sans porte pratiquée au rez-de-chaussée dans l'épaisseur du mur de la vieille maison, et pleine d'une paix d'autant plus profonde, d'un silence d'autant plus morne qu'une place publique, la plus populeuse et la plus bruyante de Paris, fourmille et glapit à l'entour.
Cette cellule était célèbre dans Paris depuis près de trois siècles que madame Rolande de la Tour-Roland, en deuil de son père mort à la croisade, l'avait fait creuser dans la muraille de sa propre maison pour s'y enfermer à jamais, ne gardant de son palais que ce logis dont la porte était murée et la lucarne ouverte, hiver comme été, donnant tout le reste aux pauvres et à Dieu. La désolée demoiselle avait en effet attendu vingt ans la mort dans cette tombe anticipée, priant nuit et jour pour l'âme de son père, dormant dans la cendre, sans même avoir une pierre pour oreiller, vêtue d'un sac noir, et ne vivant que de ce que la pitié des passants déposait de pain et d'eau sur le rebord de sa lucarne, recevant ainsi la charité après l'avoir faite. À sa mort, au moment de passer dans l'autre sépulcre, elle avait légué à perpétuité celui-ci aux femmes affligées, mères, veuves ou filles, qui auraient beaucoup à prier pour autrui ou pour elles, et qui voudraient s'enterrer vives dans une grande douleur ou dans une grande pénitence. Les pauvres de son temps lui avaient fait de belles funérailles de larmes et de bénédictions ; mais, à leur grand regret, la pieuse fille n'avait pu être canonisée sainte, faute de protections. Ceux d'entre eux qui étaient un peu impies avaient espéré que la chose se ferait en paradis plus aisément qu'à Rome, et avaient tout bonnement prié Dieu pour la défunte, à défaut du pape. La plupart s'étaient contentés de tenir la mémoire de Rolande pour sacrée et de faire reliques de ses haillons. La ville, de son côté, avait fondé, à l'intention de la demoiselle, un bréviaire public qu'on avait scellé près de la lucarne de la cellule, afin que les passants s'y arrêtassent de temps à autre, ne fût-ce que pour prier, que la prière fît songer à l'aumône, et que les pauvres recluses, héritières du caveau de madame Rolande, n'y mourussent pas tout à fait de faim et d'oubli.
Ce n'était pas du reste chose très rare dans les villes du moyen âge que cette espèce de tombeaux. On rencontrait souvent, dans la rue la plus fréquentée, dans le marché le plus bariolé et le plus assourdissant, tout au beau milieu, sous les pieds des chevaux, sous la roue des charrettes en quelque sorte, une cave, un puits, un cabanon muré et grillé, au fond duquel priait jour et nuit un être humain, volontairement dévoué à quelque lamentation éternelle, à quelque grande expiation. Et toutes les réflexions qu'éveillerait en nous aujourd'hui cet étrange spectacle, cette horrible cellule, sorte d'anneau intermédiaire de la maison et de la tombe, du cimetière et de la cité, ce vivant retranché de la communauté humaine et compté désormais chez les morts, cette lampe consumant sa dernière goutte d'huile dans l'ombre, ce reste de vie vacillant dans une fosse, ce souffle, cette voix, cette prière éternelle dans une boîte de pierre, cette face à jamais tournée vers l'autre monde, cet oeil déjà illuminé d'un autre soleil, cette oreille collée aux parois de la tombe, cette âme prisonnière dans ce corps, ce corps prisonnier dans ce cachot, et sous cette double enveloppe de chair et de granit le bourdonnement de cette âme en peine, rien de tout cela n'était perçu par la foule. La piété peu raisonneuse et peu subtile de ce temps-là ne voyait pas tant de facettes à un acte de religion. Elle prenait la chose en bloc, et honorait, vénérait, sanctifiait au besoin le sacrifice, mais n'en analysait pas les souffrances et s'en apitoyait médiocrement. Elle apportait de temps en temps quelque pitance au misérable pénitent, regardait par le trou s'il vivait encore, ignorait son nom, savait à peine depuis combien d'années il avait commencé à mourir, et à l'étranger qui les questionnait sur le squelette vivant qui pourrissait dans cette cave, les voisins répondaient simplement, si c'était un homme : - " C'est le reclus " ; si c'était une femme : - " C'est la recluse ".
(...)
Comme il n'y avait pas de porte à la cellule murée de la Tour-Roland, on avait gravé en grosses lettres romanes au-dessus de la fenêtre ces deux mots :
TU, ORA.
Ce qui fait que le peuple, dont le bon sens ne voit pas tant de finesse dans les choses et traduit volontiers Ludovico Magno par Porte Saint-Denis, avait donné à cette cavité noire, sombre et humide, le nom de Trou aux Rats.
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01:13 Publié dans FRANC-MACONNERIE | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : cabinet de réflexion, pain, eau, victor hugo
LE PAIN ET L'EAU
La symbolique du Cabinet de Réflexion m'a toujours particulièrement intéressé. Elle m'est apparue comme en rapport avec Saturne, la "force qui ramène les choses à l'essentiel nécéssaire", selon l'expression de l'astrologue Claire Santagostini.
La symbolique saturnienne me semble, en effet, transpirer de tous les symboles regroupés dans le Cabinet de Réflexion :
- la couleur noire
- le squelette (les os)
- les "sentences" au mur
- le cachot
- le sablier (attribut de Chronos-Saturne)
- la faux
- le miroir - qui induit l'introspection (les miroirs... réflechissent : cf Jean Cocteau)
- le Testament philosophique (entendre "philosophal")
- et, pour ce qui nous intéresse ici plus précisément, le pain et l'eau.
L'impétrant, au cours de l'Epreuve de la Terre, est donc invité à réfléchir sur sa condition et à rentrer en lui-même (notion de constriction, la Terre étant "sèche" et "froide", qualités qui sont celles de Saturne).
En fait, le "Cabinet de Réflexion" se révèle comme un véritable "réclusoir" rappelant les petites cellules du Moyen-Âge dans lesquelles s'enfermaient des femmes renonçant pour jamais au monde, l'emprisonnement physique permettant la plus grande liberté intérieure.
Ainsi, à l'image de ces "réclusoirs", le Cabinet de Réflexion met le Profane à même de méditer sur sa vie passée et sur le sens de sa démarche : pour ce faire, il doit ramener ses pensées à l'"essentiel nécessaire".
Ce ne sont pas seulement les symboles de la mort qui sont évoqués par le squelette, la faux et le sablier, mais bien ceux du Temps, Chronos, autrement dit Saturne. Le Profane ne meurt pas, puisque justement il y a du pain et de l'eau qui lui permettent de vivre, et je dirais même de sur-vivre. Le pain et l'eau sont le strict minimum qui lui est donné pour permettre au corps de subsister en le nourrissant par l'"essentiel nécessaire". Le corps n'étant plus alourdi (symboliquement) par une nourriture abondante, l'esprit est ainsi sublimé pour le mettre en état de méditation.
01:05 Publié dans FRANC-MACONNERIE | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : pain, eau, cabinet de réflexion, recluse








