16/06/2010
LA F.M., UN LABORATOIRE D'IDEES ?
Comment est-il possible de parler des « grands problèmes de notre temps » sans tomber, presque nécessairement, sur des sujets « bateaux » ? Il y aurait évidemment des encyclopédies à écrire sur chacun des sujets abordés et certains ne s'en privent pas.
De plus, faut-il les traiter à l’échelle locale, nationale, mondiale ? Energie, eau, famines, biodiversité, érosion, climat, démographie, guerres et terrorisme, intégrismes religieux, pays riches et pays en voie de développement, information / surinformation / désinformation, juste répartition du travail, des biens et des richesses, retraites et temps de travail...
Il faudrait y ajouter - sans d'ailleurs avoir la fatuité d'être exhaustif - les questions de développement économique et social, de financement des économies, les problèmes éducatifs, de santé, de participation civique et politique, d'incivilité... Tout cela fait ressortir l'importance du "capital social" autrement dit de la nature et de la solidité des liens sociaux.
Alors, vision macroscopique ou microscopique ? Je serais presque tenté par deux néologismes : vision macrocosmique ou microcosmique... Il n'y a certainement pas d’issue aux grands défis de l’humanité sans changement de paradigme et totale remise en question tant au niveau individuel que pluriel (mode de vie, économie, progrès…).
Alors ? Où les Francs-Maçons d'aujourd'hui peuvent-ils trouver leur place et quelle réponse(s) la Maçonnerie, dans son ensemble, peut-elle tenter (ne soyons pas présomptueux...) d'apporter à la société de 2010 ?
Les Francs-Maçons n'appartiennent pas à n'importe quelle association, club de pensée ou société caritative... Un Maçon non opératif est Libre et Accepté : le moteur de sa réflexion et de son action est la recherche du progrès, l'amélioration matérielle et morale, le perfectionnement intellectuel et social de l'humanité.
En tant qu'individu, le Franc-Maçon est au centre même de ce dispositif. Un Maître Maçon en est LE Centre. En fonction de ses capacités, de ses appétences chaque membre de la Franc-Maçonnerie a la possibilité et peut-être même le Devoir de s'engager dans la cité sur le plan social ou politique, dans les sens les plus larges de ces termes.
Aussi, et quels que soient les niveaux des grands problèmes de notre Monde et de notre époque, il semblerait que le rôle essentiel - et actuel - de la Maçonnerie se situe sur le plan de l'éthique.
La distinction entre la "morale" et l'"éthique" est subtile. Un même mot en français pour deux étymologies, l'une latine mores, l'autre grecque, ethos : les moeurs... Mores apparaît comme étant du domaine plutôt théorique alors qu'ethos serait plutôt la "morale appliquée", en d'autres termes des règles de conduite "dans le Monde", "justes" et en même temps non définitives.
La "morale", pourtant fonction du lieu et du temps, est, en quelque sorte, certitude. Comme la foi mal comprise...
A contrario, en éthique, le maître mot est : "questionnement", la mise en question qui n'empêche pas l'action et qui, au contraire même, la nourrit. Et c'est cette mise en question - qui prend naissance dans l'intimité de la Loge - qui amène à l'acte juste dans le Monde et qui fait le Franc-Maçon Citoyen de celui-ci et bâtisseur "Libre et de bonnes Moeurs" de la société de demain.
00:48 Publié dans FRANC-MACONNERIE | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : godf, franc-maçonnerie, éthique






